jeudi 11 novembre 2010

Vite fuyons

Pour vivre, il faut de l'argent. Dans une societe parfaite je cultiverais des pommes de terres dans mon jardin et je les echangerais contre un des lapins que mon voisin eleve. Je pourrais ensuite concocter un bon mijote de lapin a la moutarde (que j'aurais faite moi meme avec les graines que je fais pousser a cote des pommes de terre). Admettons bien evidemment que je sache faire pousser des pommes de terre (ce dont je doute) et que mon voisin ait suffisamment d'espace pour developper un elevage de lapins (ce dont je doute encore plus rapport au fait que mon voisin vit dans un appartement de 25 metre carres).
Malheureusement (ou heureusement d'ailleurs, considerant le peu de variete d'aliments que peut faire pousser notre mere Hollande, rebaptise terre aride et gelee par mes soins) les choses ne marchent pas comme ca.
Note, le principe reste le meme, je donne quelque chose de metallique ou sur support papier a la dame du supermarche et en echange je peux emporter la mozzarella et le pain chez moi et me confectionner un petit sandwich a visee nourissante, c'est simplement que la loi Europeenne ne m'autorise pas a fabriquer moi meme mes euros et je dois les recevoir de quelqu'un d'autre pour pouvoir les utiliser. Ca craint.
La seule solution legale est de pactiser avec le diable travailler contre remuneration.
Le principe est simple : Je me pointe a 9 heures le matin, je repars a 17h30 et  durant ce laps de temps je fais les choses qu'on me force a faire. La seule difference avec la prison d'etat traditionnelle c'est que j'ai le droit de rentrer chez moi le soir, comme ca tous les matins je peux gouter l'atroce souffrance de la separation mit mon lit adore et ressentir l'angoisse du dechirement toute la journee jusqu'aux heureuses retrouvailles nocturnes.
Alors, c'est decide, cette apres midi je m'echappe de cet enfer.
Je regarde a gauche, a droite, il n'y a personne d'autre que la secretaire de je ne sais qui (te dire si je m'en fiche) je range mes affaires dans mon sac, toujours a l'affut du moindre collegue sournois. La voie est libre et vive comme l'eclair je m'engage dans le couloir mais voila que je croise l'assistante en chef! Elle m'avise d'un air etonne et me demande pourquoi je prend mes affaires pour ma pause cigarette (On a le droit de prendre des pauses cigarettes, mais que demande le peuple didiou!), je lui fais un clin d'oeil entendu totalement francais qu'elle interprete par "J'ai mes regles et ma couche periodique est dans le sac" et me demande si je veux du paracetamol. NON je veux me tirer. L'assistante me tient la jambe pendant environ 45 minutes pous entre dans une salle de reunion en soupirant que ca va lui prendre toute la fin de l'apres midi. Super.
Me voila maintenant engagee sur le floor que je suis censee traverser pour atteindre la sortie quand la, horreur, malheur, je croise mon responsable en train de parler a quelqu'un. Vite, ni une ni deux je plonge sous un bureau pour qu'il ne me voit pas. Peine perdu, l'homme est plus perspicace et extralucide que la fouine en chaleur et voila qu'il me fait un petit coucou. Dans la confusion j'ai balance mon sac et mon manteau a terre afin d'eviter les question et fais maintenant la fille qui a quelque chose a faire la, genre discuter avec un des employes neerlandophones only (du coup je ne comprend pas ce qu'il me raconte mais prend cependant l'air tres inspire). Soudain le responsable a disparu, la voie est libre, je recupere mes affaires et c'est dans un sprint de tous les diables que j'atteins la porte de sortie.

Toutes ces petites aventures m'ayant pris un temps considerable, il est 17h25, je termine officiellement a 17h30. Je suis une vraie Rebelle!

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