lundi 8 novembre 2010

Dans la famille choses que je ne devrais pas faire mais que je fais quand meme, je demande le "Je n'ai pas de quoi finir le mois"

Il se trouve que je passais dans le coin, et que justement dans le coin il y a un H et M (Horreur et manipulation, un magasin très connu.) alors bon, comme je suis une femme -j'ai eu beau lutter, rien à faire.- je m'arrête devant la vitrine et je regarde un peu. Puis je consulte l'heure, il est tôt, j'ai du temps devant moi alors je rentre, et là c'est le drame. J'ai beau être une intellectuelle passionée de philosophie et de lettres, elle me parle quand même, quelle tolérance, et elle est si belle, sûre qu'elle et moi ça le ferait un max. Alors je l'essaye, et effectivement je suis canon, comme si j'étais pas grosse, comme si mes jambes faisaient dix centimètres de plus, comme si mes yeux avaient l'air  encore plus vert à cause du tissu qui les fait ressortir.
Ce que je devrais faire: Déjà, idéalement, si j'étais quelqu'un de bien je ne serai pas à trainer dans la rue en plein après midi. Je serais à la bibliothèque pour réviser mes partielles, parce que je n'aurais pas arrêté mes études. Ou bien dans un parc à lire Proust, ou chez moi à faire le ménage, ou au travail, à faire du chiffre pour aider au redressement de la croissance du pays. Admettons que je sois en congé (ça arrive même aux gens bien, même si je le concède c'est totalement scandaleux, et qu'une honête personne devrait se faire un devoir de refuser les jours de congés pour travailler plus et gagner moins, on est solidaire ou on ne l'est pas.) et que je me rende au centre des impots pour payer mes traites et que je sois partie en avance de chez moi et que je sois effectivement passée devant horreur et manipulation, célèbre boutique et que je sois entrée, et que j'ai essayé cette petite merveille, et bien je la repose sagement dans son rayon. Je sais que j'ai l'intention de déménager et que j'ai encore un loyer à payer, donc je suis raisonable. Je ressors de là et j'oublie la robe. L'important est ailleurs.
Ce que je ne devrais pas faire mais que je fais quand même: Je ne suis pas folle pourtant, je vous jure, mais elle me parle. D'ailleurs tu me comprends, que la femelle qui n'a jamais entendu une robe parler me jette la première pierre ( Je parle des femelles occidentales, les autres sont trop occupées à mourir de faim pour aller perdre leur temps chez horreur et manipulation, et elles ne me jetterons pas la pierres, trop affairées qu'elles seront à vérifier que la dudite pierre n'est pas comestible et ne pourra pas servir de dîner à leur famille.). Je deviens tolérante, je comprends Ulysse et tous les marins du monde, éperdus par le chant des sirènes. C'est un peu mon nauffrage personnel qui s'annonce. J'essaye de m'éloigner, mais si tu savais quelle jolie mélodie enivrante produit la robe sexy, tu arrêterais de te moquer de moi comme ça. Bon je vais être forte. Allez. Non, toute seule je n'y arriverais pas, j'ai besoin d'aide alors j'apelle ma meilleure amie pour qu'elle m'aide à recouvrer la raison. Elle s'accorde à dire que ce n'est pas raisonable, puis, à titre d'information me demande de décrire l'objet de ma passion, je m'épanche, la voix pleine de larmes, à quoi la sois disant amie me répond "Vert? Comme tes yeux? Au genou? Ca doit trop bien t'aller, tu devrais la prendre et puis à la place t'arrête de fumer comme ça tu rentabilises." Elle n'a pas tort, au pire j'arrêterai de manger les deux prochaines semaines, comme ça je perdrai du poid, ce qui sera idéal puisque la robe ils ne la font plus qu'en 38 et que je fais un bon 40.

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