Gaspard ouvrit les yeux a nouveaux. Ne s’etaient ecoulees que quelques minutes. Un répit ridicule avant d’affronter la suite, qui a coup sur serait terrible. Il ne mourait pas ce soir dans cette piece car Frankie avait eu pitié de lui et on deciderait de son sort plus tard en hautes instances.
Il savait que plus tard il y aurait d’autres geolier qui se feraient un plaisir de lui casser la figure, plus tous les prisonniers des prisons où il serait transferé, ainsi que beaucoup de flics. Ca en faisait du monde. Un pays tout entier rêvait de sa tête au bout d’une lance, Mais pour l’instant il était encore en vie.
Dans la pièce d’à cote les deux gardes discutaient vivement sans se soucier de lui. Ils le croyaient inconscient et de toutes manieres que trop superficiellement instruit sur les subtilites de leur langage, en particulier de leur argo. Erreur. Gaspard parlait sans accent les quatres langues de Raspail et n’avait d’ailleurs pas prononcé un seul mot dans sa langue maternelle depuis plus d’un an.
“- Je vais le chouchouter et y filer à bouffer et à boire. Au besoin j’y prête mon pieu. Après ça je te l’ai dans la poche et y fermera sa gueule.
- Tu sais ce qu’on risqué, tout ca pour ton fusil a la con?
-Ecoute Jo, je t’ai déja dit que j’étais desole mais il m’a provoqué, comme il a provoqué ton pays entier. On pouvait pas laisser passer ça. J’ai un peu perdu la boule…
- Ouais mais t’allais le tuer Frankie, tu t’en rends compte de ca?
-Mais rien du tout! Il etait pas chargé le fusil – Gaspard tressauta- Je voulais y foutre les jetons a cette petite merde. J’voulais qu’y pisse dans son froc.
-A blanc le fusil, tu dis?
- Pour sure, je suis con mais pas fou.
-Tu me rassures.
- Ca joue les coriaces mais t’as vu j’y ai fait se pisser dessus! Ca fait son grand mais que dalle!
-Quand même Frankie!
- Ouais je sais. Mais je suis le sel et le sucre, virage a 180 degrés, va rien y comprendre le môme. Il va croire que je suis son meilleur copain. Avec un peu de chance l’ai tellement con qu’il a déja oublie les baffes.”
Gaspard baissa les yeux et regarda longuement ses bras bleutes par les coups.
Puis il respira profondemment. La panique avait cédé sa place a la colère qui elle même s’effaçait doucement, laissant une haine sourde s’insinuer par tous les pores de sa peau.
Les deux heures qui suivirent ne furent que fantasmes ultra violent, où Gaspard lutta contre la douleur insupportable laissée par les coups en s’évadant mentalement dans un monde ou il était libre de ses mouvements et armé d’une hache avec laquelle il faisait subir les pires horreurs a Frankie et tous ses pairs. Gaspard souffrait de moins en moins a mesure que defilaient dans sa tête les images sanglantes.
Il entendit la porte claquer, et des pas résonnèrent au dehors. Il n’en restait qu’un et Gaspard esperait qu’il s’agissait de Frankie, parce que ce serait le plus facile a avoir.
Effectivement, Frankie rentra dans la piece pour aller voir comment Gaspard se portait. Jo avait eu pour mission d’aller prevenir lui meme les autorites de la ville la plus proche, à 4 heures de routes de la.
“- Allez petit! On se reveille! Je t’ai prepare une bonne soupe. Allez reveille toi!
Frankie s’approcha du corps inerte et se pencha pour le secouer, il palît legerement en realisant que Gaspard ne bougeait pas et respirait a peine. – Allez pas de blagues… Reveille toi! Il secoua le jeune homme qui couina un peu sans pour autant sortir de sa torpeur. Frankie paniqua vite, si Gaspard mourait , il allait passer un sale quart d’heure. Les chefs avaient ete formels, ils le voulaient vivant, pour pouvoir le torturer et surtout le tuer eux meme. Il ne fallait pas contredire les hauts places ou bien gare!
Et voila que ce connard de mome menacait de claquer. Gaspard toussa et tourna mollement la tete pour cracher du sang.
- Petit! Petit! Oh merde! – Il hissa le corps sur ses epaules et le transporta dans une piece plus eclairee qui devait faire office de chambre puisqu’elle etait meublee d’une commode et d’un lit. Les bras de Gaspard etaient agites de tremblement et Frankie defit ses liens pour pouvoir mieux inspecter le corps et voir ce qui n’allait pas.
Il chercha son poul qui etait extrement faible, a moins qu’au contraire il ne soit anormalement rapide: Frankie n’y connaissait rien en rythme cardiaque et bien qu’il entendit quelques battement, il ne sut interpreter leur frequence ce qui l’angoissa d’autant plus. Il resta un moment a essayer de parler au corps qui ne reagissait pas, a tourner autour du lit et a trembler. Pour finir il humidifia un torchon sale et le tamponna sur son visage, comme il l’avait vu faire a la television.
Cela sembla marcher puisque Gaspard entrouvrit les yeux, gemis et reclama a boire.
Frankie emis un soupir de soulagement et se precipita hors de la piece pour aller chercher de l’eau. Gaspard se releva et sourit. C’etait trop facile. Pendant que son tortionnaire l’avait mene jusqu’a la chambre il avait entrouvert les yeux pour chercher quelque chose qui ferait office d’arme et avait repere un petit pistolet pose sur la chaise de la chambre.
Gaspard s’en empara et sorti de la piece en esperant coincer Frankie dans la salle d’eau.
Il allait regagner le couloir quand Gaspard lui tira dans le pied. Il n’avait jamais tire sur personne et sa dexterite l’etonna. C’etait d’une facilite deconcertante et Gaspard se surprit a tirer dans l’autre pied, comme ca, juste pour appuyer sur la détente une seconde fois. Frankie s’effondra au sol et poussa un hurlement quasi animal.
Après ca tout eu tres vite fait de degenerer et Gaspard puisa au plus profond de lui une force dont il ne se serait jamais cru capable, surtout après le passage a tabac qu’il venait de subir.
Plus tard il tomberait d’epuisement mais a cet instant précis un sentiment diffus lui parcourait l’echine. Rien de noble ni de beau, juste de la colere, du mepris et une haine croissante qui le faisait frissoner. Frankie etait a terre, gesticulant et pleurant, il insultait, mais moins fort que tout a l’heure. A present Gaspard avait le pistolet et il etait de notoriete public que ce gamin etait fou furieux. A present gaspard avait un barreau de chaise dans la main. A present Gaspard avait les plein pouvoir.
Plus tard il tomberait d’epuisement mais a cet instant précis un sentiment diffus lui parcourait l’echine. Rien de noble ni de beau, juste de la colere, du mepris et une haine croissante qui le faisait frissoner. Frankie etait a terre, gesticulant et pleurant, il insultait, mais moins fort que tout a l’heure. A present Gaspard avait le pistolet et il etait de notoriete public que ce gamin etait fou furieux. A present gaspard avait un barreau de chaise dans la main. A present Gaspard avait les plein pouvoir.
Il aurait ete incapable de dire comment la chose etait arrivee entre ses mains mais tres vite il la vit s’abattre sur la tete de Frankie. Puis sur tout son corps. Il regarda ensuite ses pieds frapper la masse echouee sur le plancher. Des vagues d’adrenaline le submergeaient. La tete lui tournait et il voyait flou mais il continuait de cogner avec le bareau de chaise.
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