Voici une nouvelle qui date de Novembre 2008, je l'ai divise en 5 articles, comme tu t'en doute la partie 1 correspond a la premiere partie, partie 2 a la deuxieme partie etc etc... :
Gaspard n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour comprendre que le moment qui allait suivre allait s’averer pénible:
“- Tiens il se reveille Frankie!
-Putain j’arrive pas a croire que ca ait liquide Aldie . Si c’est pas de la provoc je m’y connais pas.
- Ca a quel âge a ton avis?
- C’est pas bien vieux, ca sort a peine des jupes de sa mère.
- Dommage qu’il en ai plus…
- Ahah!
- Débats toi tant que tu veux, on t’as bien attaché t’inquiètes pas.
-T’as quel age gamin? – Gaspard resta muet. -
- Et oh! On t’a posé une question! – Pas un mot.-
- Quand Frankie pause une question, on répond!
- On t’a demandé quel age t’avais!
- …
- Il est con ou quoi… Mais regarde moi ce petit trou du cul comme ça fait son malin!
- Peut être qu’il parle pas notre langue.
- Oh que si! Il me comprend tres bien. Hein que tu comprends petit batard? Ca veut juste se foutre de ma gueule. On se fout pas de la gueule de Frankie c’est moi qui te le dis – Gaspard etouffa un glapissement de douleur quand le dénommé Frankie lui décocha un coup dans les côtes. - Je vais y apprendre a parler notre langue moi, tu vas voir!”
Oh oui, la suite allait s’avérer extrêmement penible.
Il s’obstina dans un mutisme qu’on aurait pu qualifier de suicidaire, mais qui selon lui relevait surtout du bon sens.
Il n’allait pas suffir d’un “Salut! Je m’appelle Gaspard et j’ai 21 ans. Dites vous me laissez partir maintenant?” pour qu’on lui défasse ses liens et qu’on le conduise a la porte en lui souhaitant bien du plaisir.
Ca les démangeait a tous depuis trop longtemps, ils trépignaient d’impatience. Un mot plus haut que l’autre et la premiere raclée partirait.
Il ne leur donnerait pas ce plaisir et attendrait patiemment, les paupieres closes, pour ne pas voir leurs visages railleurs.
Au deuxieme coup, pile dans les reins, s’ensuivit un troisieme dans le dos, puis un quatrieme toujours dans le dos.
Gaspard etait affalé à terre et ses liens ne lui permettaient aucun mouvement de repli, juste se rouler en boule et subir.
La fréquende ces coups s’intensifia tres vite et il n’eut bientot plus une seconde de repit entre les roustes qui s’abattaient. Dans les côtes, le dos, les jambes et les bras.
Le gout du sang baignait sa bouche.
“ - Ah ca! Tu fais moins le malin maintenant! Ouvre les yeux petite ordure, je veux te voir chialer. – Gaspard essaya de sourire, pour provoquer encore cet imbecile qui n’allait pas supporter qu’on lui tienne tête et qui allait bientot devenir ultra violent. Peu importe, le rictus sur le visage plein d’echymose du jeune homme fit son effet. Frankie poussa un râle furieux et se remit a frapper de plus belle en proférant des injures. Il avait trouvé son leitmotiv, des supplications et des pleurs, il s’y tiendrait et tapperait jusqu’a les obtenirs.
Il refusait d’obtempérer. Ca n’etait que bêtise mêlée de prétention, mais il ne supplierait pas. Frankie pouvait cogner tout ce qu’il savait, Gaspard s’était engage dans un bras de fer mental dont il ressortirait vainqueur. Tout a l’heure quelqu’un viendrait pour l’emmener en prison, où on le tuerait surement, mais pour l’instant il était encore en vie, son sang frappait plus fort que jamais contre ses temples, ses muscles étaient a vif et chaque parcelle de sa peau hurlait la douleur.
Chacune des sensations provoquées par les coups le confortait un peu plus dans son état de conscience intolérable et salvateur a la fois. Tant qu’il resterait tassé dans ce coin, les yeux clos et les lèvres muettes il conserverait un semblant de liberte et de distance.
A présent Frankie pleurait presque de frustration. Bientot, il jetterait l’eponge, mais avant ca il allait doubler de hargne et finir par une apotheose barbare que le jeune homme allait sentir passer.
Le coup a la machoire surprit Gaspard par sa violence et quelque chose eclata dans sa bouche.
Il visualisa une plage, grande et blanche comme celle que l’on trouve a l’est.
Au loin la mer s’étendait à perte de vue immensement bleue et vierge de toute vie humaine, rien d’autre que du bleu et du blanc, pas la moindre trace de pas sur ce sable pur.
Gaspard essaya de s’imaginer le soleil, un peu plus grand et brillant qu’il ne l’était en réalite.
De l’autre côté de cet océan paisible, il se figura des territoires inconnus où vivaient peut être des gens. Peut être même que ces gens menaient une existence agreeable et tranquille sur des terres fertiles et inondées de lumiere qui contrastait parfaitement avec cette nuit douloureuse retranchée derriere ces paupieres clauses.
Gaspard sentit un autre coup sur son thorax, qui lui fêla quelque chose qu’il ne chercha pas a identifier, il ne voulait pas savoir combien de côtes, de cartilages et de dents Frankie et son acolyte lui avait deja brisé.
S’il comptait il serait perdu, beaucoup trop ancré dans ces instants où son esprit n’etait pas le bienvenue.
La mer, le sable et un eventuel souffle de vent qui soulevait quelques mêches de cheveux. Il était seul, a peine vêtu, debout face a l’horizon, les pieds ensevelis.
Un cliquetis metallique brisa d’un coup ce silence appaisant.
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